samedi 14 janvier 2012

Sans mémoire, sans repères

                                          

Haïti: L'histoire d'un peuple représente un élément important dans la construction de son identité. Haïti a marqué très fortement l'histoire du monde ; des esclaves ont combattu et vaincu une grande armée pour recouvrer la liberté. Qu'avons-nous fait de cet héritage que nos aïeux nous ont légué ?

Nous vivons chaque jour dans la peur de ce que demain nous apportera de misère et de troubles politiques. Nous avons toutes sortes d'inquiétudes et nous nous sentons vaciller. Notre histoire nous parle peu car nous ne la connaissons pas. Nous entendons parler de quelques prouesses des héros de l'indépendance et cela nous suffit pour nous targuer d'être la première république noire du monde. Et après ?

Beaucoup de personnes ont déjà parlé du changement de mentalité essentiel au développement de notre pays ; il est certain que sans cette remise en question de nous-mêmes, cette reprogrammation, nous ne ferons que piétiner. L'objectif ici est de toucher un aspect que nous trouvons essentiel dans la construction de toute nation : Connaitre notre histoire pour savoir d'où nous venons, où nous sommes et où nous vous voulons aller.

Nous avons besoin d'histoire, cela nous permet d'exister. Nous ne parlons pas ici de cette histoire qui consiste à retenir quelques phrases célèbres qu'on ne comprend peut-être même pas. Nous parlons de cette histoire que nos pères ont commencée depuis le premier jour qu'ils ont mis le pied sur cette terre. Cette histoire faite de souffrances et de luttes.

Comment notre histoire peut-elle avoir un sens lorsque le patrimoine physique qui la constitue est en train de disparaitre sous nos yeux ? On oublie trop souvent que pour combattre l'armée de Napoléon, Dessalines avait érigé des forts un peu partout dans le pays. Où sont ces forts aujourd'hui ? Dans quel état sont-ils ? Si ces supports physiques de notre gloire historique n'ont pas de sens pour nous, l'esprit de nos ancêtres le sera encore moins, car il ne trouvera rien à quoi s'attacher. L'espèce humaine a besoin d'éléments tangibles qui donnent sens à ses croyances. Carl Gustav Jung parle de la maladie qui résulte du manque de mythes et de symboles.

Il y a toutes les belles choses qui nous sont arrivées dans notre itinéraire dont nous avons laissé les signes s'effriter. Qu'avons-nous fait du palais Sans Souci, du palais de 365 portes, de notre cathédrale coloniale ?
Ne pas être attachés à ces choses, c'est être détachés de nous-mêmes, puisque ces choses parlent de nous. 
Réactions :

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire