mardi 17 janvier 2012

Comment s'arrêter de fumer?




Il y a au départ un certain nombre de principes valables pour tous qu'il faut bien connaître et assimiler. C'est le non-respect de ces principes qui explique l'échec de nombreuses tentatives d'arrêter de fumer et les médiocres résultats obtenus dans les consultations médicales lorsqu'on fait appel essentiellement à une médication (comme la gomme ou le timbre à la nicotine), ou à une technique quelconque (telle que l'acupuncture).

Se libérer de la cigarette (et des « chaînes » qu'elle représente)  comme s'évader d'une prison n'est pas (sauf exception !) chose facile. Pour chaque fumeur cette entreprise est originale. Il n'y a ni solution passe-partout, ni remède-miracle : chaque fumeur doit inventer sa solution propre. Celle-ci passe par une préparation minutieuse et une démarche méthodique.

a) Il convient en premier lieu que le fumeur acquière de bonnes connaissances

- d'une part, des connaissances sur le tabagisme proprement dit
Ces connaissances doivent être acquises impérativement avant d'aborder le moment du sevrage : c'est le but de la première partie de cet exposé...

Il convient notamment d'avoir bien réalisé que le tabagisme comporte deux phénomènes associés et distincts :
            . une intoxication - principalement celle qui relève de la nicotine et de l’oxyde de carbone
            . un conditionnement à de multiples gestes automatiques et à divers facteurs d'environnement.

- d'autre part, des connaissances sur les modalités et les difficultés du traitement à envisager

Compte tenu des deux données précédentes il s'ensuit que ce traitement comporte deux perspectives très différentes. En fait, c'est un double traitement qu'il convient d'entreprendre :
- d'une part une désintoxication - processus relativement rapide qui va ne demander qu'une ou deux semaines.
- d'autre part, un déconditionnement - processus qui va être lent et demander plusieurs mois, voire davantage.
           
Bien entendu, ces connaissances de base ne sont pas suffisantes pour assurer le succès du sevrage mais il faut les considérer comme absolument nécessaires. Les personnes qui les négligent ont peu de chances de se  débarrasser de leur  habitude.

Il y a donc un temps de préparation et de maturation à envisager avant d'aborder le sevrage proprement dit.

b)  Il convient que l'arrêt du tabac soit total d’emblée et non progressif
(Certes, certaines personnes perdent leur habitude de fumer après un arrêt progressif, certes l’arrêt brutal n’est pas un dogme absolu – la certitude n’existe guère en médecine – mais la réussite, par ce moyen, reste statistiquement rare).

Trois raisons motivent un arrêt total :

a) la nécessité de l'élimination aussi rapide que possible par l'organisme des toxiques provenant de la fumée de tabac, notamment la nicotine.

b) le fait de fumer comportant une multitude de gestes automatiques qui s'enchaînent les uns les autres, il s'ensuit que ces gestes à éliminer doivent impérativement être remplacés par d'autres gestes qui au départ seront volontaires mais qui, par leur répétition, vont devenir à leur tour plus ou moins automatiques. Il faut donc imaginer des gestes qui seront à effectuer notamment quand l'envie de reprendre la cigarette se fera particulièrement impérieuse (nous reviendrons longuement sur cette donnée d'une importance pratique capitale).

c) la constatation que le fumeur qui s’arrête progressivement pense encore plus à la cigarette qu'auparavant.
En effet, plus il fait d'efforts pour ne pas puiser dans ce paquet, plus il se lie psychiquement à lui. Il s'ensuit une frustration sans cesse renouvelée, un perpétuel jeu de cache-cache qui déséquilibrent profondément le sujet lequel, au fur et à mesure que le temps passe, devient de plus en plus tributaire de son paquet de cigarettes. Le besoin et la dépendance augmentent en fonction de l'importance des efforts fournis.

« Fumer moins » représente une erreur psychologique « qui ne pardonne pas » car elle crée une véritable obsession et augmente considérablement la frustration du fumeur qui a supprimé ses cigarettes.  La perturbation psychique qui en résulte est telle que, bien souvent, le sujet (ou son entourage) n'est pas capable de le supporter. Il y a alors reprise de l'habitude

De plus, épuisé par ses efforts importants et renouvelés, ce sujet est déçu de ses propres forces. Il gardera de cette période un mauvais souvenir, de telle sorte que le renouvellement éventuel d'une telle expérience se fera souvent dans des conditions psychologiques défavorables.

S’arrêter progressivement est manifestement une erreur. Mieux vaut ne rien tenter. Une mauvaise habitude non modifiée est parfois préférable à un échec qui peut faire douter de ses capacités.

c) Le sujet doit trouver des compensations à la frustration psychologique qu'il va ressentir

Nous avons vu que le fait de fumer représente pour le fumeur une activité importante à laquelle il consacre beaucoup de temps et qui, de plus, lui apporte un réel plaisir. C'est dire que la suppression volontaire de cette activité constitue une véritable frustration, une mutilation psychique que  l'individu  s'impose à lui-même. Il en résulte un grand « vide ». Désorientation, fatigue, déséquilibre, déconcentration, voire un certain état dépressif, sont des conséquences banales de cette frustration. C'est dire que le candidat au sevrage tabagique doit inventer de nouvelles activités s'il veut s'assurer du succès.

Cette activité de suppléance, de rechange, de « comblement d'un vide » et qui, autant que possible, doit être intéressante et apporter du plaisir, peut être extrêmement variable. C'est au sujet de trouver l'activité qui lui convient dans le domaine de la profession ou du loisir, dans le domaine intellectuel, manuel, sportif, artistique, associatif... Il n'y a de solution que personnelle.

Le candidat au sevrage doit apporter toute son attention, son intelligence et son imagination à cette recherche capitale d'un nouvel état de vie qui lui apporte de lui-même une image positive s'opposant à celle négative de frustration et de privation.

d) Arrêter de fumer n'est pas une nécessité urgente : le moment doit être judicieux.

Il est capital que le fumeur qui veut se déconditionner choisisse le moment le plus adéquat pour commencer à le faire. Il est évident, par exemple, qu'une phase dépressive, une échéance redoutée, un surcroît de travail, des difficultés exceptionnelles... constituent des circonstances défavorables et des contre-indications au sevrage.
En pratique, après mûre réflexion, une date précise est arrêtée. Elle est éventuellement communiquée à l'entourage si celui-ci est susceptible de représenter une aide. Il conviendra de la respecter coûte que coûte.

Bref, ce temps qui précède l'interruption de fumer doit donc être mis à profit par une préparation soigneuse.

e) Réduire les difficultés du sevrage suppose aussi

- que le sujet  supprime autour de lui le tabac et tous les objets qui peuvent déclencher les anciens réflexes ;

- qu'il évite pendant quelque temps, autant que faire se peut, les situations, les circonstances (bureau, télévision, bons repas, pauses-café...) ainsi que l'environnement humain qui peuvent favoriser l'habitude de fumer.

f) Parallèlement, il est très important que l'hygiène de vie soit améliorée, que le sujet prenne davantage soin de sa personne
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